Magna Carta
Avant de commencer, une nota bene : je n'ai pas encore fini le jeu, et si j'écris maintenant cette critique, c'est parce que je ne sais réellement pas quand je le finirai, ou même si je le finirai. Toutefois, avec 30 heures de gameplay sous la ceinture, je pense pouvoir juger des forces et des faiblesses du soft convenablement.
La vue : B+Les graphismes, tout en 3D, sont d'un bon niveau, sans pour autant atteindre les sommets de "léchage" qu'on peut rencontrer dans les super-productions à la
Final Fantasy. La caméra, plus dynamique qu'à l'accoutumée dans un RPG, suit son personnage au fur et à mesure des déplacements, ce qui est assez agréable, bien que parfois un peu embrouillant. Les décors sont simples mais réussis, les personnages modélisés de même... mais ce qui fait la différence, ici, ce qui marque ce petit "+" à côté de la note, c'est bien sûr le chara-design : le bien-aimé Hyung Tae-Kim a produit, une nouvelle fois, un travail de maître, avec des designs typés, uniques, réussis.
L'ouïe : BUne bande-son sans prétention mais pas moins jolie, bien qu'on regrettera profondément le changement de la chanson d'intro, qui ne va pas du tout avec les images à l'écran. Côté doublages, du bon travail dans l'ensemble, avec quelques voix plutôt charismatiques - celle de Calintz, notamment.
Le toucher : BCe qu'on appréciera principalement, dans le gameplay de
Magna Carta, c'est le lot d'innovations, ou tout du moins de raretés, qu'il apporte : deux modes d'exploration dans les donjons (le "rapide" permet de courir mais réduit considérablement le champ de vision, faisant ainsi risquer d'être surpris par l'ennemi ou de rater un coffre, tandis que le "prudent" marche au pas, arme à la main, pour mieux repérer ces mêmes coffres et s'abattre dans le dos de l'ennemi - visible sur la carte), la possibilité de se reposer pour récupérer ses HP, l'utilisation en profondeur des élémentaux via le système de Chi, ses différents modes de combat en fonction des styles maîtrisés par les personnages (standard, combo, contre) et bien sûr le jeu des niveaux d'affection entre membres du groupe par l'intermédiaire de petites conversations à choix multiple. Bref, beaucoup de bon, pour un gameplay fouillé et qui se détache du lot... malheureusement entaché d'un défaut : il est parfois fastidieux, principalement du fait des temps de chargement abusifs en cours de combat. Mieux vaut donc être doté d'une certaine patience pour s'y lancer.
Sixième sens : B+Et par là, j'entends "l'intangible", ou du moins ce qui relève moins de la technique et des faits. J'entends le scénario, les personnages, les émotions, les réflexions. Et c'est là LE point fort du soft : il offre des protagonistes bien développés, qui deviennent de plus en plus attachants au fil des heures, qui font preuve d'humour autant que de maturité, et de sentiments forts. On sent les liens qui se font, se resserrent ou menacent de casser, les équipes qui se soudent autour d'un leader... la vie, tout simplement, présentée sans fausse pudeur, parfois crue, mais toujours juste. Et honnêtement, ça fait du bien de revoir un jeu qui sait ainsi prendre aux tripes par l'entremise de ses personnages, et qui se passe effrontément de l'habituel héros adolescent stéréotypé - car Calintz est un homme, et non un gosse. Quant au scénario lui-même, il reste somme toute classique (une guerre, une jeune fille amnésique...) mais se laisse aisément porter sur les épaules de ses mémorables acteurs.
Durée de vie : -Evidemment, je ne l'ai pas fini, et je ne peux donc pas parler. Toutefois, après une bonne trentaine d'heures de jeu, j'estime être peut-être aux deux tiers de l'aventure (voire moins), ce qui promet donc un soft tapant dans les 50 heures de jeu pour sa quête principale. Plutôt pas mal. On pourra toutefois regretter le manque de quêtes secondaires pour agrémenter l'aventure.
Note finale : C+Eh oui. Une note légèrement inférieure à la moyenne du reste, pourquoi ? Parce que le caractère fastidieux du gameplay commence par passer inaperçu, pour ensuite ne pas être gênant outre-mesure... et pour finalement se mettre à lentement, doucement, peu à peu décourager le joueur, dont l'endurance s'use à petit feu. Et si j'aurais été prête à fermer les yeux sur cet ennuyant souci, le problème est qu'il s'avère être par la suite souligné, mis en avant et donc intolérablement grossi par l'autre écueil du jeu : la ré-exploitation abusive de ses lieux et donjons. Repasser plusieurs fois dans les mêmes villes était assez inintéressant, mais pas vraiment problématique. En revanche, refaire tout un donjon, et donc les combats qu'il contient, avec l'équipe n°2 alors qu'on vient déjà d'y passer avec la n°1... c'est ce qu'on appelle la goutte qui fait déborder le vase.
Au final, un jeu débordant de potentiel et d'un charme artisanal et personnel, mais à demi-cassé par cette maladresse. A essayer, toutefois.
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Et toi, que vas-tu faire pour sauver la planète ?