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 Les Terres d'Arianrhod

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Myaah
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Nombre de messages: 2564
Age: 24
Localisation: Paris
Date d'inscription: 25/10/2004

MessageSujet: Les Terres d'Arianrhod   Dim 7 Sep - 12:03

Qu'est-ce donc ?

A la base, il s'agissait d'un jeu de rôle de Stef et de moi, et c'est devenu quelque chose de tentaculaire !

Je mettrais dans ce topic quelques informations sur les personnages et des dessins plus ou moins anciens (il peut y en avoir de récents). Et puis, peut-être d'autres choses Ahah !

Donc pour commencer, voici un petit collage d'Aranwen, mon héroïne principale (qui date Ahah ! )



Elle fut créée à la suite d'un rêve (après un visionnage trop intense du SDA : les deux tours) en 2003.
Sachez juste qu'elle a un sale caractère, têtue comme une mule et peut être d'une mauvaise foi inébranlable Ahah !
Mais elle prendra par la suite une grande place politiquement parlant, puisqu'elle cumulera les titres et deviendra une pièce maîtresse de l'histoire Na

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Myaah
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MessageSujet: Re: Les Terres d'Arianrhod   Mer 17 Sep - 16:36

Allez, voici une petite nouvelle, basée sur l'enfance d'Aranwen.... Elle a eu l'immense honneur d'être illustrée (enfin ça n'était pas vraiment conscient lol)... Elle fut écrite y'a pas mal de temps avec pas vraiment de relecture.... Prenez du plaisir à lire (enfin j'espère lol)


Il est des fois, lorsque nous nous en allons contempler les ondes de l’eau, où nous nous rendons guère compte de leur pouvoir. Est-ce une vision, ou un rêve qui s’offre alors à nous ? Je ne saurai le dire…
Une vision est-elle un rêve du futur… ou un cauchemar ? Quoiqu’il en soit, les images que nous offrent les dieux lorsque nous sommes éveillés sont pleines de mystère.

Journal intime de la Princesse Aranwen Edowen, Promise d’Ellatar


Aranwen, parfois, se trouvait vacante, et voulait être seule. Ces jours-là, elle donnait l’ordre à Ellael de ne pas l’accompagner. Serrant alors fort son gilet en poils de yaria, elle quittait sa chambre sans plus un mot derrière elle. Elle ne savait où aller, vraiment et laissait ses pas la guider dans les couloirs labyrinthiques d’Elnath. Elle ne pouvait guère se perdre, les murs de lus luisaient doucement sur son passage. Parfois, le hasard la guidait dans le grand hall, et la promise laissait son regard voguer au gré des étalages. Beaucoup de commerçants lui offraient des breloques, lui témoignant ainsi leur joie de voir ses yeux d’argent. Elle n’était guère âgée et ces cadeaux lui faisaient toujours plaisir. Elle s’était amusée une fois à étaler devant elle tous ces présents et fut étonnée qu’ils recouvrent à eux seuls tout le tapis se trouvant devant son lit.
Elle allait et venait ainsi, au gré de ses pensées, dans cette cité qui était sienne. Elle appartenait à Ellatar comme Ellatar lui appartenait. Elle était à la fois son âme et une ombre du passé en ces lieux. Elle n’avait jamais su dire d’où lui venait cette sensation, ce sentiment que bientôt, le règne des sylphides s’éteindra des montagnes…
Ce jour-là, ses pas la guidèrent au cœur de la ville, dans un endroit oublié de tous. Les couloirs gravés, les plus beaux pourtant, n’étaient pas souvent visités. Elle avançait, la main posée sur les gravures, imprimant dans son corps l’histoire de son pays, de son peuple. La chair de la pierre devenait alors sienne et elle s’était sentie comme happée par ce couloir. Ce fut bref. Bref, mais bien là….
Petite fille curieuse, elle s’était alors arrêtée pour distinguer la sylphide gravée et fut surprise de constater qu’elle n’entrerait pas dans les canons de beauté décrits par sa mère.
Mince et frêle, presque fantomatique, la sylphide n’avait aucune forme. Pourtant, la grâce entière émanait d’elle. Les ailes transparentes et immenses auraient pu se briser d’un coup de vent trop fort. Elle tendait la main vers l’Amant, qui était en train de périr des tourments de la vieillesse, maudit par la mortalité de son espèce.
Aranwen connaissait bien la scène. Elle l’avait souvent lue dans les livres de Père. La fresque était elle-même souvent représentée sur les bijoux. Ce n’était pas cela qui retenait la petite princesse. Silencieuse, elle fit un pas pour se rapprocher encore, et observer. Sa main se posa alors sur la joue de la sylphide, essuyant une larme qu’elle seule percevait. Ce visage était figé dans l’horreur de la perte de son amour. Tout d’un coup, Aranwen recula prestement, prise de peur. Cette fresque était horrible, elle ne percevait que trop bien la souffrance qui convulsait le cœur de cet être magique… Son… ancêtre…



Aranwen secoua la tête et inspira. C’était stupide de s’arrêter dans ce dédale, juste là et avoir peur d’une statue ! Pourtant… elle semblait si vivante, cette sylphide…. Elle agita ses boucles de droite et de gauche, résolue de chasser ses pensées. Ses doigts se refermèrent sur sa jupe et elle poursuivit son chemin, passant devant le cri silencieux de la perte d’un être cher.

Le couloir débouchait sur un escalier de pierre moins éclairé que le reste de la fresque, peut-être plus vieux que celle-ci. La petite fille n’avait jamais entendu parler de pierre de lus éteinte, mais cela pouvait être possible à moins de ne prouver le contraire. Avec précaution, elle descendit les marches une par une, taillées bien trop grande pour sa taille et arriva sur un couloir plus étroit. La claustrophobie était très rare pour un natif d’Ellatar, mais Aranwen ne put s’empêcher de frémir en se sentant ainsi prise dans une antre si exiguë. Son cœur palpitait. Etait-elle entrée dans une salle secrète ? Son attention revint vers la sortie quand elle perçut le bruit doux d’un courant d’eau. De l’eau ? Elle n’avait jamais entendu parler de rivière d’Ellatar. La seule eau se trouvait aux Sources et était très chaude. Ici, il n’y avait pas de vapeur et elle grelottait plus qu’autre chose. Qui eut cru un jour que cela soit possible que le gilet en poils de Yaria n’était pas suffisant ?
Aranwen déglutit son chemin et franchît alors la mince ouverture. Elle ne s’attendait pas au spectacle qui s’offrait alors à elle.
La caverne était ronde et petite par rapport aux normes d’Ellatar, mais les sols et les murs étaient entièrement nus et lisses. Au sol, un rû s’était formé et voguait au creux de la pierre, se divisant en deux et se rejoignant, formant un cercle. Et dans ce cercle il y avait la plus belle fontaine qu’elle ait jamais vu. Il y avait un bassin et un petit jet d’eau. L’artisanat en lui-même n’était pas le plus raffiné de ce qu’elle connaissait, mais les quelques sculptures, représentant des sylphides avec les mains en coupe, était tout simplement magique.
Aranwen s’approcha lentement, regardant l’eau qui semblait éclaircir toute la salle. En fait, le lit du rû était jonché de pierre de lus. Et l’effet était purement enchanteur. Son doigt trempa dans l’eau crystalline et elle fut stupéfaite de la trouver froide. Elle s’y était attendue, vu qu’aucune vapeur n’était visible à la surface, mais cela était tellement inattendu… Comment l’eau ne gelait-elle pas dans cette fontaine ?
La petite fille s’assît alors au bord de la margelle, contemplant les ondes et les miroitements du liquide. La Promise s’amusa à penser que cette eau était réellement magique, elle-même gelait. Elle rabattit ses jambes sous sa jupe, les croisant en tailleur et se recroquevilla. Elle avait beau avoir froid, elle répugnait à quitter l’endroit au cadre si enchanteur. Ses yeux d’argent ne cessaient de contempler les vagues minuscules et le flot continuel de l’eau.



Doucement, elle imaginait les bateaux, ces immenses bâtiments en bois qui ne coulaient pas. Elle avait dû mal à imaginer que telles choses existaient réellement, mais, elle n’avait pas cru possible de l’eau froide à Ellatar qui ne gèlerait pas. Toute chose invraisemblable lui semblait possible. Etait-il vrai que la mer était infinie ? D’après les livres, il paraissait même que lorsque l’on se mettait sur le plus haut relief du Danelon, on ne pouvait en voir le bout. Etait-il vrai que d’immenses animaux vivaient dedans ? Encore plus grands qu’un Shiai-Yaria ? La petite fille était curieuse et ne savait quelle forme donner à ces géants. Il était difficile pour elle d’imaginer la forme d’un seul poisson. Elle ne connaissait que les montagnes et les laves.
Aranwen ne sut jamais combien d’heures elle resta là, immobile, bercée par le roucoulement de la fontaine. Peut-être s’était-elle endormie ? Peut-être n’avait-elle fait que rêver ce qui allait suivre. Elle ne le sut vraiment jamais.

Elle contemplait les ondes, et les gouttes d’eau si fines qui descendaient lentement, léchant la pierre de la fontaine. La petite princesse était peut-être dans un état hypnotique…
Cependant, son regard ne quittait jamais cette eau si belle et si luisante. Jamais elle ne la quittait. L’eau était un miroir qui lui renvoyait son image d’enfant. Enfant si petite qui au gré des ondes devenait une adulte, et prenait quelques rides sans jamais aller plus loin que cela. Cette image la laissait rêveuse de se voir ainsi grande et puissante. Pourtant, aucun de ses gestes n’était brusque…. Elle levait la main vers une silhouette d’homme qui tombait… Et d’un coup, l’eau devint rouge comme le sang, envahissant la fontaine et le rû. Et la douleur de la sylphide s’empara d’elle.

Aranwen cria, surprise et tomba de la margelle sur le sol, bouleversée et complètement perdue par ce rêve soudain. Haletante, elle se releva rapidement, son regard se portant avec frayeur sur l’eau de la fontaine. Rien. Tout était normal. Elle avait donc rêvé. Elle….
Elle secoua la tête fermement, voulant oublier cette vision de sang, cette peur et cette angoisse qui serrait son cœur. Le visage convulsé de la sylphide dans la douleur lui revint plus vif encore à l’esprit. C’était horrible.
La petite fille s’enfuit de la pièce, les jupes s’envolant sous la vitesse de ses foulées.

Elle remonta à toute allure les escaliers, passa devant la fresque, faisant bien attention de ne pas regarder ce visage, ces yeux écarquillés, de peur que ceux-ci ne deviennent trop vivants aux siens. Elle courrait, courrait, retournant dans les couloirs familiers de sa chère Elnath et pénétra dans l’autel abandonné de Birgit, rouge et essoufflée, réconfortée par les ténèbres qui l’environnaient alors et par le silence.
En silence, cherchant la quiétude et le calme, l’amour et le réconfort d’une mère, elle s’agenouilla devant l’autel, priant la déesse de lui donner courage et force. La statue sans visage mais munie de hache et déversant de la main lave et feu ne lui répondit pas. Ce n’était pas comme si la représentation de la déesse allait la serrer dans ses bras. Néanmoins, Aranwen se sentit mieux et resta là longtemps, au creux du ventre des montagnes d’Ellatar. Un enfant au creux de sa mère. La chaleur l’envahissait et elle retrouvait l’harmonie qui régnait souvent en elle.
La Déesse n’avait pas répondu à sa mère, mais elle reprenait foi en sa propre force et son courage décuplait.
Un jour, elle reviendrait affronter la Fontaine aux Visions et le regard de la Sylphide. Un jour.

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